Les cahiers de Serge Bonnery

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Au pied de la tour

samedi 2 février 2019, par Serge Bonnery

Kafka a raison. C’est une grande terreur que le travail poétique Un spectre vous hante On dirait qu’il vous suit pas à pas J’étais cet après-midi au pied de la tour Saint-Jacques avec en tête le poème d’André Breton qu’un ami venait de partager sur un réseau social

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Carte postale de la Tour Saint-Jacques avec les mots d’André Breton

Breton la voyait cette tour « chancelante Pareille à un tournesol » et je me dis que personne non personne ne voit la tour Saint-Jacques comme un tournesol Qu’il faut être hanté pour voir cela Hanté Rongé de l’intérieur par le travail poétique qui déforme les formes jusqu’à leur retirer leur nom

Je me suis longtemps trompé sur le sens de l’acte poétique Sa portée Son horizon Poétiser ne consiste pas à nommer La rose Mignonne Cela n’est rien Ce n’est pas la rose qui importe mais son reflet Sa flétrissure Le moment où un dessèchement la ronge de l’intérieur Où elle s’en va vers le rien

Poétiser consiste à dénommer A se dessaisir de l’ultime frémissement du monde Le moment où il se délite sous les traits d’une rose ou d’un tournesol Voilà ce que nomment les mots Un reflet dans la Seine

Les mots sont comme du sable Ils glissent dans les mains de l’enfant qui joue avec tandis que le soleil se couche et que le poète « touche le cœur des choses » sans parvenir à les nommer

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