Les cahiers de Serge Bonnery

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« L’indifférence, poids mort de l’histoire »

lundi 31 décembre 2018, par Serge Bonnery

Décembre, mois de silence durant lequel il semble que je n’aie presque pas travaillé, occupé à combler le vide qui s’est creusé en moi après qu’un matin, un être qui m’était cher ait comme glissé entre mes doigts, s’en soit allé sans que je puisse esquisser le moindre geste pour le retenir, me renvoyant, au moment de son départ, à mon inutilité, un état dérisoire de soi, comme pulvérisé, sans chair ni tête, rien sinon le silence dégoulinant des mots à leur tour inutiles, dérisoires.
C’est alors comme si vous récitiez une de ces litanies apprises par cœur pendant la punition qui vous avait privé de récréation
et vous vous revoyez suivre du regard les pigeons qui tournoyaient autour du clocheton leur tenant lieu de chez soi
alors que vous n’avez plus de chez soi et que des errants fantomatiques courent derrière la silhouette pâle de la déréliction

« Je hais les indifférents. Je crois comme Friedrich Hebbel [1] que vivre veut dire être partisan. On ne peut pas être seulement homme, étranger à la cité. (…) L’indifférence est le poids mort de l’histoire ».
Antonio Gramsci, extrait de l’unique numéro de la revue La Città futura, 11 février 1917.

« Je ne suis rien d’autre que littérature, je ne peux et ne veux pas être autre chose ».
Franz Kafka.


[1Poète et dramaturge allemand (1813-1863) dont on dit que Wagner s’est fortement inspiré pour l’écriture de sa Tétralogie.

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