Les cahiers de Serge Bonnery

Accueil > Chantiers > Chroniques musicales > Dans le feu éternel de Maurizio Pollini

Dans le feu éternel de Maurizio Pollini

mardi 21 février 2017, par Serge Bonnery

Le récital que Maurizio Pollini donnera le 28 avril prochain à la Philharmonie de Paris affiche complet depuis déjà longtemps. C’est la preuve qu’à 75 ans - il les a fêtés le 5 janvier - le pianiste milanais reste haut, très haut, dans la hiérarchie mondiale et qu’il fait toujours battre fort, très fort, le cœur des mélomanes.

Parmi eux, on ne compte plus les inconditionnels du musicien. Ceux qui le classent définitivement au Panthéon. Il y a des raisons à cela.

D’abord, la longévité de la carrière  : depuis plus de cinquante ans, Maurizio Pollini porte sa passion de la musique sur toutes les scènes du monde en offrant toujours un regard nouveau sur les œuvres qu’il interprète.

Il y a ensuite l’homme et sa conception de l’art qui tient en un mot  : le partage. En concert bien sûr. Au disque évidemment. Mais pas seulement. Avec le chef d’orchestre disparu Claudio Abbado, avec le compositeur vénitien Luigi Nono, membre du parti communiste italien, c’est en compagnon de route que Pollini a joué jusque dans les usines, portant la musique dans les lieux où elle n’avait pas droit de cité.Pour Maurizio Pollini, la musique est plus qu’une pratique artistique  : c’est un mode de vie et un engagement.

Enfin, il y a l’intérêt que l’interprète porte au répertoire contemporain. En 1968, c’est lui qui imposa au monde la révolutionnaire deuxième sonate de Pierre Boulez lors d’un récital donné à Turin.

Sa discographie abondante, toute rassemblée chez Deutsche Grammophon, en témoigne  : Pollini s’emploie à abattre les frontières. De Chopin à Webern, de Beethoven à Schönberg, de Schumann à Debussy, de Brahms à Prokofiev, le maître a tout exploré. Son jeu se nourrit de tous les courants souterrains qui irriguent cet immense répertoire où l’innovation est permanente et la beauté dans les miroitements de phrasés incandescents. Puissant, le son de Maurizio Pollini est un modèle de sobriété et de précision. C’est en passant par les plus infimes détails qu’il trace son chemin vers l’universel.

En 2015, l’artiste en avait terminé avec son intégrale des sonates de Beethoven. Cette œuvre-vie n’était pas un adieu, encore moins un testament. Le voici rassemblant dans un même élan les dernières œuvres de Chopin  : la Barcarolle suivie de mazurkas, valses, nocturnes et la Polonaise-Fantaisie. Comme d’habitude avec Pollini, le programme est colossal. La rigueur et la transparence sont toujours au rendez-vous. Et le feu éternel.


Chopin, Late works (opus 59 à 64). 1 CD Deutsche Grammphon.

<

Forum

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.