Les cahiers de Serge Bonnery

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Silence, poussière et suie

mercredi 21 décembre 2016, par Serge Bonnery

[Mardi 20 décembre 2016]

§ Le dernier numéro des Cahiers Henri Ey, publiés par l’association pour la Fondation Henri Ey de Perpignan, est consacré à « la barbarie ». La restitution d’un des articles est en ligne sur l’Epervier. D’autres vont suivre. J’observe qu’au même moment, les Cahiers d’études lévinassiennes, publication dirigée par le philosophe Gilles Hanus, consacrent leur dernier numéro au thème de « la guerre ». Et pas plus tard que ce matin, j’apprends par son président, mon voisin et ami neuropsychiatre et philosophe Robert-Michel Palem, que la Fondation Henri Ey prépare à son tour un cahier sur la guerre.
Qui a dit que les intellectuels sont enfermés dans leur tour d’ivoire ? Pas tous, loin s’en faut. En dehors du cloisonnement institutionnel et des coupoles académiques, il n’y a ni hasard ni coïncidence, seulement l’intelligence à l’œuvre pour interroger le monde et nous aider à le mieux comprendre.

§ Invité le 23 novembre à la Villa Gillet de Lyon dans le cadre du festival d’idées La Chose Publique, le linguiste et philosophe Jean-Claude Milner (auteur de Relire la Révolution aux éditions Verdier), répond aux questions du philosophe Gilles Hanus, directeur des Cahiers d’études lévinassiennes. Nous en donnons ici une note de restitution - pour garder trace -, dans le cadre plus large de la lecture du livre de Jean-Claude Milner.

§ Il pleut ce lundi 19 décembre sur Perpignan mais une centaine de personnes ont répondu à l’appel des organisations de droits de l’hommes, associations humanitaires, syndicats et partis politiques pour soutenir les populations civiles prisonnières de la ville syrienne d’Alep réduite par la guerre à un amas de décombres. La situation dans la ville est catastrophique sur le plan humanitaire tandis que les évacuations se déroulent au compte-goutte, au gré des discussions de couloirs entre les différentes parties impliquées dans ce conflit qui n’en finit plus et a déjà tué plus de 360 000 personnes (chiffres "officiels") en cinq ans. Braver la pluie pour briser le silence. On n’enfouira pas la mémoire d’Alep dans les décombres de l’Histoire. Celle qui s’écrit en Syrie porte les stigmates de la honte et de l’indignité pour une communauté internationale (Europe en tête) qui préfère préserver ses intérêts particuliers que gouverner le monde dans l’intérêt et pour le bien de tous.

§ Dire des mots à l’adresse du monde. L’azur retombe. Ses rivaux n’en éprouvent aucun regret. Ainsi va le chant du monde. Tantôt de silence, de poussière et de suie. Les murs n’affichent pas de larmes. C’est toujours de l’intérieur que, quoi qu’on dise, les choses tremblent.

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